
J’ ai compté les heures, le nombre de coq jouant à celui ayant le plus beau et le plus long cocorico, le Hibou grand Duc qui est venu plusieurs fois ululer sur l’arbre d’à côté.
Ce matin, je ne suis pas de bonne humeur en quittant le bled, je n’ ai pas revu mon hôte.
Une chose que j’ai essayé de faire comprendre aux femmes dans mon Arabe approximatif.
Si j’avais passé une nuit au chaud, avoir un peu d’eau même tiède pour me laver, manger un bout.
Le matin après avoir consommé un petit déjeuner nous serions allés ensemble faire une boucle.
Ouesslef,le pont naturel, les cascades et revenir passer une seconde soirée chez eux.
Je peux lui offrir 500 ou 600dh.
C’est ce que je dépense en deux jours en ville.

Tout gamin, on ne cessait pas de me dire croques la vie à pleines dents.
Si tu l’es laisse.On t’en posera en plastique.
Cette nuit, mon pauvre dentier joue du tabla dans ma bouche.
Ce n’est pas la natte posée dessus qui va m’isoler du froid, elle a seulement évité qu’elle soit humidifiée par la rosée au moment de la replier. Je n’ ai pas eu besoin de marc à café pour prédire la nuit à venir.

Que suis-je ?
En quittant le patelin, je demande à un homme la direction du pont naturel.
- Vous allez toujours tout droit jusqu’à toute en haut de la rivière.
Par intuition je suis allé droit, arrivé au-dessus de la gorge. Je vois un gros rocher triangulaire, pour être déjà venu plusieurs fois par le passé. Je sais que le pont le relie à ce côté de la falaise.


Au centre, le gros rocher relié par le pont.
À ce point là, je n’étais pas sur des deux sentiers, je tournais en rond.
A un muletier passant à proximité.
Je m’approche tout en l’appelant.
– Sidi où est le chemin du pont ?
– viens il est là.
Il y a un troisième tout à gauche de la photo.
Je ne l’avais pas vu.


Le muletier qui me remit sur la bonne voie.
Le rocher et le pont vu de plus près


Avec un Marocain qui allait à Akchour.
Nous avons cheminé un tronçon ensemble.
Seul j’ ai fini jusqu’au pont.
« Les Marocains le nomme le cantra d’Arabi ou le cantra de Mounana« .
Traduit le pont de dieu.

Le voilà, au milieu coule l’amitié.
Au pont, même des maçons sont entrain de bâtir un coin pique-nique avec un barbecue.
Le seul café étant fermé.
Je leur ai demandé de l’eau pour me préparer un café.
J’ai récolté du bois.
Un jeune Marocain me dit :
–Vous pouvez utiliser le réchaud qui est là dedans.
J’ ai ouvert le paquet de café que j’ ai acheté en Espagne.
Et fait monter une première cafetière.

Deux étrangers nous demandent si le café était ouvert.
– Non! Attendez.
Je leur offre le reste de la mini cafetière.
La montée ne fut pas trop raide.
– Non, nous sommes Népalais, alors la montagne...
– oui, je comprends.
– mais nous vivons en Allemagne.
Et vous vous êtes allés dans notre pays ?
– Non je suis allé plusieurs fois en Inde, au Pakistan et au Sri-lanka.
La demoiselle m’a donné une carte de visite.
Leur carte de visite


Le pont naturel, vu d’en haut.
Après le départ des Népalais, j’ai engagé la discussion avec un Espagnol de Cadix.
Nous sommes repartis ensemble.
Avant j’ai laissé un tiers du paquet de café au jeune en lui demandant qu’il fasse du café aux ouvriers.


À ce point l’espagnol est allé à gauche en direction d’Akchour.
J’ai regagné la vallée.
Pour entrer dans une autre gorge, dans laquelle se trouve de petites cascades en enfilade, loin à l’intérieur de la montagne, se trouve une immense cascade, à cette saison elle est à sec.

La sortie de la gorge

Certains guides font revenir les touristes par le lit de la rivière.
Acrobatique en cette saison.
L’autre rivière avec ses cascades.


Il y a trente années de cela les berges étaient sauvages, seul un sentier muletier traversait la végétation.

Aujourd’hui des dizaines de cafés restaurants jalonnent les deux rives.

L’ultime.
J’ai fait demi tour.
Je reviens à un restaurant, pour finir la tajine, que j’ ai prise tout à l’heure, elle était trop copieuse pour la manger en une seule fois .

Là où se rencontre les deux cours d’eau, il y a une retenue.
Après c’est Akchour avec tous les trucs à touristes.
Il y a une petite anomalie sur l’affiche.


Entre la barrière à l’entrée d’Akchour et la station de taxi une bande de singes amuse les passants.
Je finis.
Le tour de trois jours que je viens de réaliser, il vaut mieux le faire dans le sens dans lequel je l’ai fait .
Il grimpe de Chefchaouen au col d’Azilan puis presque tout en descente.
Autrement de Chefchaouen prendre un taxi pour Akchour 25 dh.
Dans la journée faire le pont et les cascades.
Bonne lecture à dans deux ou trois jours

Le plan pour monter de l’hôtel Boston au camping .
Départ des deux circuits
